Piano au Musée Würth

Édito 2021

Chers amis de la musique,

Nous sommes heureux de vous retrouver dans des conditions quasi-normales pour ce week-end musical et muséal.

La pandémie nous aura privés d’un bien essentiel : la Culture et la Musique. Certes, les nouveaux modes de communication ou les anciens nous auront permis d’écouter des concerts enregistrés, de retrouver dans nos armoires de vieilles cires, de suivre sur Internet des performances d’artistes confinés. Mais rien ne saurait remplacer la salle de concert et ceux qui s’y produisent. Les musiciens ont besoin d’un lieu et d’un public pour livrer l’immensité de leur talent et tout simplement pour vivre.

En 2021, nous avons pris l’engagement d’inviter les artistes prévus pour l’édition 2020. Fallait-il pour autant reprendre la même thématique : Ni la même, ni une autre ? Assurément non ! Elle fera l’objet d’une future édition ! Car l’exposition « Bestia. Les animaux dans la collection Würth » inaugurée, dimanche dernier, porte en elle une merveilleuse histoire de la musique.

Une certaine tradition française, de Janequin à Messiaen et Poulenc, en passant par Rameau, Couperin, ou Chabrier, s’est plu à mettre en scène ou à imiter les animaux pour mieux, parfois, parodier les humains ou dénoncer leurs défauts à demi-mots, mais à pleine note comme dans le Carnaval des animaux de Saint-Saëns dont nous célébrons le centième anniversaire de la mort. Dans le texte qu’il a écrit pour cette Fantaisie zoologique, Francis Blanche évoque « ce mammifère concertivore digitigrade vit le plus souvent en haut d’une estrade. » Ce sont nos amis pianistes qui ont relevé le défi de cette thématique.

« Écoutez les oiseaux, ce sont des grands maîtres ! » avait conseillé Paul Dukas à son élève Olivier Messiaen. Ornithologue reconnu, Messiaen parsème son œuvre de chant d’oiseaux que nous écouterons sous les doigts de Clément Lefebvre, lauréat du Concours International Long-Thibaud-Crespin 2019, de Virgile Roche, Piano Campus d’argent 2020. Mais bien avant Messiaen, il y avait Rameau et son Rappel des Oiseaux ou sa Poule et Clément fera cohabiter les deux compositeurs. Avec Claire Désert et le Trio Zadig, le propos animal sortira des frontières hexagonales et s’étendra à la nature qu’elle soit contemplative, mystérieuse, sombre ou bucolique. Nous irons même jeter une oreille attentive aux musiques du continent sud-américain avec Manuel Mendoza. Votre curiosité sera décuplée lors d’une conférence sur la représentation animale dans la musique animée par le musicologue Camille Lienhard et illustrée par le pianiste Samuel Aznar.

Auguste Schirlé, compositeur devenu ersteinois en 1901, établit le pont entre les musiques française, allemande et russe. À l’occasion du cinquantenaire de sa mort, Charles Offenstein et Christian Finance lui rendront un hommage en révélant « le côté protéiforme de ses divers styles. »

Autre moment d’exception, le concert d’ouverture de cette 5ième édition. Avec un an de retard, nous fêterons les dix ans des Métaboles de Léo Warynski avec un programme Brahms et ses Liebeslieder Walzer.

 Piano au Musée Würth a le privilège d’exister, car il bénéficie d’un auditorium et d’un magnifique piano Steinway & Sons D apprécié des pianistes qui l’ont joué.

 Piano au Musée Würth existe aussi grâce à l’enthousiasme d’une équipe de salariés, de bénévoles, des enseignants de l’École Municipale de Musique d’Erstein, de la Ville d’Erstein et de partenaires que nous tenons à remercier chaleureusement.

Comme l’écrit Emmanuel Reibel dans son essai Nature et Musique, « l’histoire de la musique est une vraie arche de Noé. » Alors montons à bord, ensemble et bon festival !

 

Marie-France Bertrand – directrice du Musée Würth

Olivier Erouart – directeur artistique de Piano au Musée Würth

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